Le syndrome prémenstruel, ou SPM, touche 40% des femmes. Il se manifeste par des douleurs utérines, digestives, lombaires, mais aussi de la fatigue, de la tristesse, de l’irritabilité… entre autres ! Il y a près de 150 symptômes différents du SPM, soit autant de SPM que de femmes. En revanche, les symptômes ont tendance à s’estomper, voire à complètement disparaître une fois que les règles démarrent !
Si l’alimentation et les compléments alimentaires peuvent grandement aider en cas de SPM, certaines plantes peuvent aussi être salutaires. Les voici 🙂
Qu’est-ce que le SPM, ou syndrome prémenstruel ?
Avant de vous parler des plantes qui peuvent être des alliées en cas de SPM, il me semble important de vous expliquer ce qu’est le SPM 🙂
Les symptômes du SPM
Grosses douleurs utérines, mammaires, digestives, fringales, émotions à fleur de peau, dépression… les symptômes du SPM sont nombreux, puisqu’on en compte pas moins de 150 !
Chaque personne touchée a un peu « son » SPM, avec des symptômes qui lui sont propres, mais qui ont un point commun : ils sont tous liés au cycle menstruel et apparaissent quelques jours avant les règles, parfois tout de suite après l’ovulation (qui survient 11 à 16 jours avant les règles). Une fois que les règles démarrent, les symptômes ont tendance à s’atténuer, voire à complètement disparaître.
Le syndrome prémenstruel touche près de la moitié des femmes et personnes menstruées et bien qu’il soit courant, il n’est pas physiologique ! Il est le reflet d’un déséquilibre hormonal en deuxième partie de cycle.
Les causes du SPM
Les causes du SPM ne sont pas connues avec exactitude, même si les recherches avancent sur ce sujet. Voici ce que l’on peut dire néanmoins :
- Il semblerait que le SPM soit une réaction du cerveau à la privation hormonale de la fin du cycle menstruel : quelques jours avant l’ovulation, les oestrogènes et la progestérone baissent en l’absence de grossesse, ce qui mène ensuite au délitement de l’endomètre, c’est-à-dire, les menstruations. Sauf que chez les femmes atteintes de SPM, le cerveau a du mal avec cette chute hormonale, qui le déséquilibre et chamboule un peu tout l’organisme.
- Par ailleurs, on remarque souvent chez les femmes atteintes de SPM que les oestrogènes sont trop élevés par rapport à la progestérone après l’ovulation. Normalement, après l’ovulation, les oestrogènes tirent leur révérence, pour faire place à la progestérone. Sauf qu’en cas de SPM, les oestrogènes restent dans la partie : on parle d’hyperoestrogénie ! Cette hyperoestrogénie peut être vraie (on a trop d’oestrogènes par rapport à la progestérone, qui elle, est normale) ou relative (les oestrogènes sont OK, mais la progestérone n’est pas sécrétée de manière suffisante). Or, la progestérone a plusieurs rôles à jouer dans le corps (que j’explicite plus bas) et elle a donc besoin de toute sa place pour agir
- Souvent, le SPM fait son nid chez les terrains inflammés, les femmes qui ont une inflammation, parfois sous-jacente, une inflammation de bas grade. Elle peut se déceler avec des soucis digestifs, articulaires, une perte de cheveux, etc.
L’équilibre hormonal + la réduction de l’inflammation sont donc des axes majeurs sur lesquels travailler pour apaiser un SPM 🙂
Pour aller plus loin, n’hésitez pas à lire l’article « Le SPM, qu’est-ce que c’est ?«
L’importance de la progestérone pour un bon équilibre hormonal en deuxième partie de cycle
La progestérone est l’hormone sécrétée par le corps jaune après l’ovulation. Pas d’ovulation, pas de progestérone ! Le corps jaune est ce qu’il reste du follicule une fois que l’ovule a été expulsé. Cette enveloppe vide ne reste pas inactive et sécrète donc de la progestérone, l’hormone pro-gestation.
Et si cette hormone a pour rôle de préparer notre corps à une potentielle grossesse, en augmentant notre température corporelle (on passe littéralement en mode « couveuse ») et en vascularisant notre utérus, elle remplit également d’autres rôles, en dehors de la sphère reproductive :
- Elle augmente l’appétit (il est normal d’avoir un peu plus faim que d’habitude avant d’avoir ses règles, même si les envies irrépressibles de sucre et de gras sont un symptôme du SPM)
- Elle a aussi un impact sur la peau, en augmentant la production de sébum et en reserrant les pores (ce qui explique qu’on ait une moins jolie peau avant nos règles)
- Elle « draine » les liquides du corps)
- Elle évite la formation des kystes, notamment ovariens
- Elle apaise et facilite l’endormissement
- Nous donne envie d’être plutôt seule, dans le calme
- Elle protège nos os, au même titre que les oestrogènes
- Elle réduit notre libido, car la phase ovulatoire étant passée, on n’est plus fertile et il est donc inutile d’avoir une activité sexuelle ! Oui, la progestérone est très « reproduction centrée » ^^
Au vu de ses effets positifs, on comprend mieux les symptômes du SPM que l’on peut ressentir quand la progestérone peine à faire sa place après l’ovulation ! Ce manque de progestérone peut venir de plusieurs choses :
- Les oestrogènes usagés ne sont pas correctement éliminés par le foie et les intestins après l’ovulation : ils rejoignent ainsi la circulation sanguine et continuent d’agir dans l’organisme
- Le corps jaune ne sécrète pas assez de progestérone, en raison d’une ovulation de « mauvaise » qualité. C’est la raison pour laquelle, dans le cadre d’un SPM, on travaille aussi sur la phase pré-ovulatoire !
- Le stress est également un voleur de progestérone : en effet, le cortisol (l’hormone de l’adaptation au stress) et la progestérone ont la même hormone-mère, aka la prégnénolone. Or, le cerveau privilégie toujours la survie et la réponse au stress, que la reproduction ! Par stress, on entend bien sûr le stress « émotionnel », mais aussi le stress physique, qui « choque » le corps : trop de sucre, pas assez de repos, trop de sport, etc.

Les plantes qui aident à apaiser le SPM
Les infusions et teintures-mère
- L’alchémille : elle est progestérone-like et vient donc atténuer le déséqilibre progestérone/oestrogènes. Attention à ne pas la prendre en cas d’antécédent de cancer hormono-dépendant et si vous prenez un traitement progestatif (Duphaston, Progestan…).
- Teinture-mère de gattilier : elle vient agir directement sur l’hypophyse, donc à prendre sur avis d’un professionnel, plutôt en deuxième intention et surtout pas en première partie de cycle (ou alors vraiment juste avant l’ovulation )
- On pense aussi aux plantes apaisantes de la sphère nerveuse comme la camomille ou la lavande, ou encore la mélisse, qui a aussi des vertus digestives 🙂
- On peut également penser à des plantes décongestionnantes qui viennent soutenir la circulation sanguine, comme, le gingembre (qui est également anti-inflammatoire), la vigne rouge ou le marronnier d’Inde.
- En phase lutéale, on peut également soutenir le foie dans son travail de détox hormonale, avec le romarin ou le chardon marie (sauf en projet bébé)
- On pense aussi à soutenir son transit (notamment en cas de constipation), avec la mauve, la guimauve ou encore le psyllium. La digestion et l’évacuation des déchets et hormones usagées est très importante pour l’équilibre hormonal 🙂
- En cas de fatigue, l’ortie et la prêle sont deux plantes très reminéralisantes.
- En cas de migraine, on peut se tourner vers la camomille romaine (grande camomille ou camomille noble) et/ou la camomille matricaire.
L’alchémille et le gattilier sont deux plantes qui soutiennent la progestérone en deuxième partie de cycle. Mais, si on veut avoir un corps jaune au maximum de ses capacités, il faut aussi travailler sur la qualité de l’ovulation (et ce, même si on n’est pas en projet bébé, car l’ovulation est la clé de voûte d’une bonne santé hormonale au global, cf les bienfaits de la progestérone cités ci-dessus) : dans ce cas, on peut aussi regarder du côté de l’achillée millefeuille, qui régule le cycle hormonal (on l’évite en revanche après l’ovulation si on est en projet bébé) et des feuilles de framboisier, qui stimulent les ovaires 🙂
Que penser des mélanges de plantes tout prêts ? Certaines marques proposent des sachets d’infusions, avec plusieurs plantes, pour réguler le cycle et apaiser les douleurs. Personnellement, je ne vous les recommande pas forcément !
- En général, il n’y a pas assez de plantes dans un sachet pour que que la tisane soit efficace. Il faut compter environ une cuillère à soupe de plantes par tasse pour obtenir un effet 🙂
- Les plantes contenues ne sont pas forcément de belle qualité et on est plus sur de la poudre de plantes, ce qui amoindrit leurs effets.
- Certains mélanges proposent des plantes à visée hormonale sans tenir compte du fait que certaines plantes sont à prendre plutôt avant l’ovulation, ou après, et surtout pas tout au long du cycle !
- Il est important de composer votre tisane en fonction de vos problématiques 🙂
Du coup, n’hésitez pas à acheter vos plantes séparément en herboristerie et à les mélanger une fois chez vous, dans un bocal à l’abri de la lumière 🙂
Les huiles essentielles
- L’huile essentielle de basilic exotique ou d’estragon : elles sont toutes les deux anti-spasmodiques et calment les crampes utérines. On mélange 2 gouttes de l’une d’elles dans une cuillère à café d’huile végétale de calophylle inophyle et on masse doucement le ventre, dans le sens des aiguilles d’une montre.
- Pour les gonflements et congestions : 2 noisettes d’huile de ricin ou de calophylle inophylle avec 3 gouttes d’huile essentielle de gingembre et 2 gouttes d’huile essentielle de lentisque pistachier. Appliquer sur le bas-ventre en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre.
- On peut également respirer des huiles essentielles apaisantes pour soulager la sphère émotionnelle, comme l’ylang-ylang, la lavande, la camomille ou encore le petit-grain bigarade.
Les bourgeons de plantes (gemmothérapie)
Ici, ce sont les bourgeons des plantes qui sont utilisés. En effet, aux prémices de son existence, la plante concentre toutes ses vertus dans son bourgeon ! Voici quelques bourgeons utiles en cas de SPM 🙂
- Citronnier : il protège le foie et est fluidifiant sanguin
- Framboisier : il protège aussi le foie, tout en étant un antispasmodique utérin et anti-inflammatoire.
- Pommier : progestérone-like
- Cassis : il est anti-inflammatoire et potentialise les effets des autres bourgeons. Il soutient également les surrénales et permet de faire face au stress et à l’épuisement.
Les Fleurs de Bach
Les Fleurs de Bach vont plutôt travailler sur la sphère émotionnelle, de manière très subtile et énergétique, car elles ne contiennent aucune molécule de la plante utilisée, mais plutôt la mémoire de celle-ci. C’est un peu comme l’homéopathie : on y croit ou pas !
Voici en tout cas quelques pistes que vous pouvez explorer si vous le souhaitez 🙂
- Crab Apple : elle aide à se réconcilier avec son corps
- Mustard : contre les états dépressifs
- Impatiens : contre l’irritabilité et l’impatience
- Beech : contre l’inflexibilité de la femme atteinte de SPM, qui a tendance à “ne rien laisser passer”
- Holly : contre les sentiments de jalousie et d’injustice, l’impression que les autres sont “mieux”
- Willow : contre la colère rentrée et les pensées négatives, l’apitoiement sur soi
- Le Rescue (assez connu maintenant) est idéal en cas de coup de stress 🙂
Plante bonus : l’huile d’onagre
Grâce à sa richesse en oméga 6 et plus particulièrement en acide gamma-linolénique (un oméga 6 non inflammatoire), l’huile d’onagre est souvent recommandée en cas de SPM. Elle est effectivement anti-inflammatoire et aurait également une action régulatrice sur les hormones féminines !
Je préconiserais peut-être de l’accompagner de compléments alimentaires à base d’omégas 3, qui sont souverains en cas de SPM et dans le but de garder un équilibre optimal entre les omégas 3 et les omégas 6.
L’huile de bourrache est également recommandée en cas de SPM, car elle a des vertus similaires à l’huile d’onagre, tout en contenant un petit peu d’omégas 3 et en étant une plante originaire de notre continent 🙂

Précautions et contre-indications
Pour finir, je tiens à vous rappeler que les plantes ne font pas tout ! En naturopathie, elles font partie des techniques complémentaires, en soutien des techniques majeures, qui sont l’alimentation, l’apaisement émotionnel et l’activité physique. Il est important de travailler sur ces 3 piliers avant de recourir aux plantes 🙂
Je n’ai quasiment pas mis de posologie, car chaque protocole doit être individualisé : donc vous pouvez vous référer à la posologie du fabricant ou, mieux, demander conseil à votre médecin (s’il est formé en phytothérapie), votre pharmacien ou votre naturopathe 🙂
Je vous laisse également soigneusement vérifier les contre-indications des plantes conseillées : ce n’est pas parce qu’elles sont naturelles qu’elles sont sans danger et qu’elles peuvent être utilisées par tout le monde 🙂
Qu’en pensez-vous ? Connaissiez-vous ces plantes pour soulager votre syndrome pré-menstruel, les utilisez-vous ? Dites-moi tout en commentaire !
Si vous préférez, voici une version condensée disponible sur Instagram, qui résume l’essentiel et que vous aurez toujours sur vous, si vous l’enregistrez 🙂
