Cycle féminin - Hormones

Cycle menstruel régulier = cycle menstruel équilibré ?

cycle menstruel équilibré

On entend souvent dire que le cycle menstruel dure 28 jours et qu’il doit être régulier pour s’assurer que tout va bien du côté des hormones féminines. Sauf que cette phrase contient deux idées erronées, deux clichés à déconstruire concernant le cycle féminin : non, il ne dure pas forcément 28 jours et avoir des saignements à intervalles réguliers ne signifie pas forcément que les hormones du cycle, aka les oestrogènes et la progestérone, sont sécrétées dans les bonnes quantités et au bon moment.

Comment, pourquoi ? Je vous explique tout ça !


Qu’est-ce qu’un cycle régulier ?

Quand on discute entre filles, il n’est pas rare d’entendre “mon cycle est hyper irrégulier, un coup il dure 26 jours, un autre 30 jours et le suivant 28 jours, ce n’est jamais pareil”.

Pour commencer, sachez qu’on considère que les cycles menstruels sont réguliers quand il y a moins de 7 jours d’écart d’un cycle à l’autre.

  • Cycle de 26 jours, puis de 31, puis de 28 jours = cycles réguliers
  • Cycle de 26 jours, puis de 37, puis de 28 = cycles irréguliers.

Il est donc tout à fait normal que vos cycles menstruels n’aient pas tous exactement la même longueur, à quelques jours près 🙂 En fait, tout dépend de quand vous avez ovulé et l’ovulation peut être décalée pour plein de raisons : une maladie, une infection, un décalage horaire, une émotion forte, un changement alimentaire, une grosse fatigue, etc.

En effet, c’est le cerveau qui commande l’ovulation et plus particulièrement l’hypothalamus : ce dernier détecte les stimuli extérieurs et juge du moment opportun pour relancer le cycle menstruel. En cas de très gros stress, l’hypothalamus décrète que ce n’est pas le moment de se reproduire et donc d’ovuler : il va donc décaler la sécrétion de GnRH, l’hormone qui commande à son sous-chef l’hypophyse de produire la FSH, qui elle, va commander aux ovaires de sécréter des oestrogènes pour faire maturer un ovule. La cascade hormonale permettant l’ovulation est en pause !

On comprend mieux comment l’ovulation peut être décalée, parfois seulement de quelques jours 🙂 Nous ne sommes pas des machines et c’est la raison pour laquelle le cycle menstruel ne dure pas forcément 28 jours et qu’un cycle normal peut durer 24 comme 33 jours 🙂 Une nouvelle fois, un cycle reste régulier tant qu’il n’y a que 7 jours d’écart max entre les cycles.


calendrier cycle menstruel

Pourquoi un cycle menstruel régulier n’est pas forcément un cycle menstruel équilibré ?

On peut aussi se dire “oh non mais moi, je n’ai aucun déséquilibre je suis réglée comme une pendule, j’ai mes règles toujours tous les 28 jours”.

Sauf qu’au delà de la régularité du cycle, ce qui compte, c’est qu’il soit équilibré. Et c’est souvent là que les choses se corsent.

La phase pré-ovulatoire peut durer (trop) longtemps

En effet, on considère que la phase pré-ovulatoire (du premier jour des règles à l’ovulation) est une phase qui dure environ 14 jours. Mais elle peut être plus longue, puisque comme je vous le disais précédemment, l’ovulation peut être décalée en raison du stress, d’une alimentation déséquilibrée, d’un trouble hormonal… Cette phase peut donc durer très longtemps et certaines femmes peuvent même y être bloquées et ne plus avoir leurs règles (on parle d’aménorrhée), C’est notamment le cas des femmes ayant un SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), qui ont généralement des cycles très longs, le corps ayant besoin de beaucoup de temps pour réussir une ovulation en raison des déséquilibres hormonaux à l’oeuvre.

La phase post-ovulatoire peut-être trop courte

Une fois l’ovulation réussie, on passe dans la seconde phase du cycle, la phase post-ovulatoire. Cette phase dure normalement entre 11 et 16 jours.

Elle ne peut pas durer plus longtemps, car le corps jaune finit par se désagréger et ne plus produire de progestérone au bout de maximum 16 jours. A ce moment là, l’endomètre se détache et les règles arrivent. Sauf en cas de grossesse (ou de cas très rare de kyste du corps jaune) !

En revanche, la phase post-ovulatoire peut être plus courte et durer seulement 7 jours, par exemple ! En général, c’est en raison d’un manque de progestérone : cette dernière chute trop rapidement et ne maintient pas l’endomètre pendant suffisamment longtemps. Il finit donc par se détacher et les règles arrivent un peu trop tôt.

Un équilibre entre les deux phases du cycle

Tout ça pour vous dire qu’au delà de regarder le nombre de jours du cycle et sa “régularité”, il faut également considérer le nombre de jours que dure chaque phase.

En effet, un cycle de 28 jours peut se décomposer ainsi :

  • 14 jours de phase pré-ovulatoire + 14 jours de phase post-ovulatoire : cycle OK (mais qu’on voit surtout dans les livres).
  • 16 jours de phase pré-ovulatoire + 12 jours de phase post-ovulatoire : cycle OK
  • 21 jours de phase pré-ovulatoire + 7 jours de phase post-ovulatoire : cycle déséquilibré, avec une phase post ovulatoire trop courte !

saignement cycle menstruel

Le cas des cycles anovulatoires et des saignements inter-menstruels

Il peut aussi arriver que les cycles soient en apparence réguliers, avec des saignements qui ressemblent à des règles.

Sauf qu’il est possible que le cycle soit anovulatoire, c’est-à-dire sans ovulation. En général, dans ce cas, la femme est bloquée en phase pré-ovulatoire et n’a pas ses règles (c’est l’aménorrhée).

Mais il est aussi possible que les oestrogènes responsables de l’épaississement de l’endomètre en phase pré-ovulatoire finissent par “lâcher l’affaire” et chuter : dans ce cas, l’endomètre se détache et est évacué via le sang, qui s’écoule par le vagin.

Mais ces saignements ne sont pas des règles ! Ce sont des saignements inter-menstruels (les règles sont toujours précédées d’une ovulation), qui peuvent laisser penser qu’on a bien ovulé et que tout va bien, mais en fait… non.


Pourquoi c’est important d’avoir un cycle menstruel équilibré ?

L’équilibre du cycle est très important, car chaque phase du cycle est régi par une hormone clé : les oestrogènes en phase pré-ovulatoire et la progestérone en phase post-ovulatoire. Et chacune de ces hormones a ses vertus et ce, pas seulement pour le cycle menstruel, mais pour la santé globale. Pour mieux comprendre, je vous invite à lire l’article “Quel est le rôle des hormones féminines, en dehors du cycle menstruel ?

C’est aussi important quand on est en projet bébé : en effet, une phase lutéale trop courte ne laisse pas suffisamment de temps à l’embryon pour s’implanter (il faut compter 7 jours après l’ovulation et la fécondation). De plus, quand on manque de progestérone, il est impossible de mener à bien une grossesse, ce qui peut conduire notamment à un arrêt de grossesse (une “fausse couche”).

Un cycle anovulatoire quant à lui, ne permet pas une fécondation.


calendrier cycle menstruel

Comment savoir si notre cycle menstruel est équilibré ?

Observer son corps et repérer son ovulation

Le meilleur moyen de savoir si votre cycle est équilibré est de l’observer 🙂 Pour cela, vous pouvez vous aider de la symptothermie.

Cette méthode se base sur deux bio-marqueurs de l’ovulation : la glaire cervicale (que l’on appelle aussi pertes blanches par abus de langage) et la température au réveil (la progestérone signe sa présence par une augmentation de la température basale d’environ 0,3 degrés). Cette combinaison de deux facteurs permet de savoir si on ovule et quand on ovule.

C’est une méthode qui demande d’être formée et d’être un peu rigoureuse (surtout au début), mais elle est vraiment riche d’enseignements.

Se fier à ses symptômes

Vous pouvez aussi vous fier à vos symptômes : si vous avez un SPM, des douleurs de règles, des spottings après votre milieu de cycle… c’est peut-être le signe d’un manque de progestérone après l’ovulation (mais à faire confirmer).

Faire doser ses hormones

En cas de doute, vous pouvez également faire doser vos hormones par prise de sang :

  • Au jour 3 de votre cycle (3ème jour de règles) : faire doser les oestrogènes, et pourquoi pas LH et FSH (deux hormones sécrétées par l’hypophyse pour permettre l’ovulation)
  • 7 jours après votre ovulation (réelle), faire doser votre progestérone, qui doit être à son maximum à ce moment là, ainsi que les oestrogènes. En effet, le déséquilibre en phase post-ovulatoire peut être présent en raison d’un manque réel de progestérone, mais aussi d’un excès d’oestrogènes, qui surpassent la progestérone et l’empêchent de jouer son rôle.

Et voici ! J’espère qu’à la lecture de cet article, vous serez rassurées quant à vos cycles “irréguliers” et surtout que vous aurez compris que l’équilibre du cycle menstruel prime sur sa régularité 🙂

Par ailleurs, j’espère vraiment que ce post vous sera utile, instructif et qu’il vous donnera envie de vous pencher sur l’observation un peu plus poussée de votre propre cycle, qui n’appartient qu’à vous 🤍🙂


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